On y fumait l'andouille, on y joue aux cartes
La brique de la chambre de fumage est restée noire, les crochets sont toujours au plafond. Devant, quarante couverts de cuisine normande ; derrière, cinq tapis où l'on joue pour les points. Ni écran, ni machine, ni un centime sur la table.

Une fumaison rendue au service du soir
Le bâtiment a fumé de l'andouille pendant quatre générations, puis a servi de dépôt à un grossiste en cidre. La chambre de fumage n'a pas été démolie : elle forme aujourd'hui une alcôve où trois tables tiennent, crochets compris.
Nous recevons quarante personnes par soirée, jamais plus. Au-delà, la brique renvoie les voix et personne ne s'entend plus d'un tapis à l'autre.
L'entrée est gratuite, la porte reste ouverte à tous les adultes, et l'équipe demande une pièce d'identité chaque fois qu'un doute subsiste.

Cinq tapis
Feutre vert, jeux fournis, jetons de courtoisie qui ne s'échangent contre rien.
Quarante couverts
Deux services, salle et alcôve de brique.
Trois cuisiniers
La même brigade depuis la première soirée.
La brique, les crochets, les tapis






Ce que vaut chaque soirée
Apprentissage des règles à 19h, six places, gratuit
Deux tapis lents, un joueur de la maison en salle
Soirée « la fumée douce », rythme ralenti, pauses longues
Salle pleine après le marché, réservation utile
Ouverture avancée, partie amicale à 21h
Repos de la brigade
Réception des fûts, ménage, affûtage
Cinq réponses avant de pousser la porte
Ce site sert-il à jouer de chez soi ?
Non : il décrit une maison de brique et rien d'autre. Aucune application, aucun identifiant, aucune table à distance. La partie se tient rue Saulnerie ou nulle part.
Que vaut un jeton en fin de soirée ?
Rien du tout. Il compte les points, il retourne au tiroir : nulle mise n'est posée, nul gain n'est versé, aucune caisse de jeu n'existe ici.
Des appareils à sous quelque part ?
Pas un. Qui cherche cela repartira déçu, et nous le disons volontiers au téléphone.
Faut-il retenir une table ?
Le vendredi et le samedi, oui. Les autres soirs, on entre et l'on s'assied s'il reste de la place.
Je ne sais jouer à rien, cela pose-t-il un problème ?
Aucun. L'heure d'apprentissage du mardi existe exactement pour cette raison et ne coûte rien.
Cinq tapis derrière la cloison de brique
Le salon occupe l'ancien séchoir : plafond bas, une lampe par table, aucune fenêtre sur la rue. On y joue à la belote, au tarot et au poker amical, pour les points.
Nos jetons ressemblent aux jetons de pesée que le fumoir accrochait aux andouilles : ils marquent un rang, ils ne paient rien. Ils dorment dans un tiroir de comptoir, ils y reviennent à minuit, et dehors ils ne pèsent plus un centime.
Aucun appareil à sous n'a jamais chauffé sous ces briques et il n'en viendra pas. La seule mécanique de la maison, c'est un vieux ventilateur de fumage, débranché.

Tapis pris à l'arrivée
Trois d'entre eux, dans l'ordre où l'on pousse la porte.
Tapis gardés
Les deux du fond, réservés au téléphone, six chaises chacun.
Heure des règles
Mardi, avant le coup de feu : une heure, six places, sans frais.
Six phrases affichées à l'entrée
- Sous ce toit, on a dix-huit ans ou l'on n'entre pas — devant l'assiette comme devant les cartes.
- L'équipe réclame parfois un papier d'identité : c'est une formalité de porte, pas un soupçon.
- Nos jetons marquent un rang de partie ; personne ne les achète, personne ne les revend, ils ne pèsent rien dehors.
- L'argent ne traverse pas la salle : ni de main en main sur le feutre, ni discrètement au bout du comptoir.
- Il n'existe pas un appareil à sous entre ces murs, et il n'en entrera pas un seul.
- Quand quelqu'un a bu son compte, la tireuse s'arrête pour lui et nous commandons une voiture.
Une cuisine courte et beurrée
La carte se limite à quatre lignes écrites le matin. L'andouille vient du fumoir voisin, la crème et le beurre d'une laiterie du bocage, les légumes du marché.
La cave ne fait pas de mystère : cidres bruts de fermes du Calvados, poirés bouchés, deux ou trois bières brassées dans la vallée de la Vire.
La cuisine s'arrête à 23h. Ensuite, le comptoir sort des planches de fromages affinés, du pain grillé et de la terrine jusqu'à la fermeture.

Quatre lignes
Une entrée, deux plats, un dessert, écrits le matin.
Cidres et poirés
Douze références fermières, servies à la bolée.
Après 23h
Planches, terrine, pain grillé au comptoir.
Adresse, téléphone, horaires
La maison
19 rue Saulnerie, 14500 Vire
Pour appeler
+33 2 31 68 40 27 · bonsoir@tablevireno.com
Les soirs ouverts
Du mardi au samedi, 18h00 – 00h00
Une table devant, un tapis derrière
Une sonnerie vaut mieux qu'un courriel : la salle décroche dès 16h, inscrit votre nom au crayon et demande si ce sera pour l'assiette, pour la brique du fond, ou pour les deux jusqu'à minuit.